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Historique
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Comme
l'anorexie, la boulimie ou faim à manger un boeuf a existé de tout temps. A
l'époque de la Rome antique, on la nommait gloutonnerie.
Jusqu'à
une période récente, la boulimie n'était pas considérée comme une maladie.
Elle l'est devenue pour plusieurs raisons: les unes socio-culturelles, les
autres psycho-physiologiques. Un, la goinfrerie, c'est inesthétique; deux,
ce n'est pas bon pour la santé physique et trois, ça "cache "
beaucoup de problèmes selon l'entourage.
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Ses causes
inductrices multifactorielles,
leurs effets
et les circonstances déclenchantes
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A
l'exemple de l'anorexie, les causes de la boulimie sont multiples. Il y a
des causes inductrices et des circonstances déclenchantes ou
facilitatrices. La conduite boulimique peut puiser ses racines dans la
relation à la figure nourricière tenue en générale par la mère, puisque
nous parlons du même premier objet transitionnel entre soi et la mère-le
monde extérieur, c'est-à-dire la nourriture.
La présence ou l'absence d'une figure nourricière aimante ou
non, le type de nourriture donné à l'enfant, l'apprentissage ou non à de
bonnes habitudes alimentaires sont autant de facteurs déterminants dans
l'apparition de la conduite boulimique du jeune enfant.
En
exemple, de mauvaises habitudes alimentaires, entre autres l'absence de
règles, excepté celle du "ventre", se solde par une prise de nourriture
anarchique tant en temps et lieux qu'en qualité et quantité. L'absence
d'un apprentissage aux bonnes habitudes alimentaires dès les premières
années, c'est-à-dire à une prise de nourriture équilibrée et bien gérée
dans le temps et dans l'espace, aura des effets néfastes et constituera à
son tour un terrain facilitateur de la conduite boulimique en cas de
stress, de traumatismes divers et autres difficultés de la vie.
Cependant,
en fonction de la structure de la personnalité en développement, l'ensemble
des facteurs contribuant à l'apparition de la conduite boulimique aura une
influence ou non.
Dans
le cas où cette influence est observée, avec le temps, le facteur
psycho-affectif devient de plus en plus prégnant et significatif. Goinfrer
est alors vécu soit comme un remplissage, la nourriture représentant un
substitut de ce que l'on n'a pas, soit comme un acte de contrition, se
gaver devenant à la fois vengeance et punition envers soi-même et envers
l'entourage, soit en simultanéité, remplissage, actes de vengeance
et de contrition.
Comme
avec l'anorexie, un conditionnement psycho-physiologique se met en place
qui se résume à: "plus on mange, plus on a envie de manger, plus il
est difficile de s'arrêter". Dans le cas de la boulimie, l'habitude de
manger au-delà de la faim crée l'envie irrépressible de se gaver, cette
envie occultant toute raison, tout contrôle mental. La pulsion a pris le dessus
sur la réflexion.
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Ses
fonctions
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La
conduite boulimique apparaît quand l'acte de manger a transgressé son stade
de réflexe de prise
alimentaire à cause de la sensation
de faim pour devenir celui d'une conduite de dépendance, la nourriture
étant appréhendée comme une
drogue après avoir franchi les étapes
intermédiaires de petite
récompense faite à soi-même pour se
consoler d'un stress passager puis celle d'un outil thérapeutique servant à compenser un manque affectif.
On
est passé ainsi d'un comportement normal de sustentation à un comportement
pathologique paradoxal puisque, dans sa morbidité, cet acte après
avoir acquis une
valeur psychothérapeutique a basculé dans une attitude compulsionnelle
aux effets délétères.
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Les catégories
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Il
y a deux catégories de personnes boulimiques qui vont se différencier
à partir de l'adolescence: les vraies boulimiques qui
acceptent leur grande appétence pour la nourriture quitte à devenir obèse
et qui n'éprouvent aucune anxiété sur le sujet. On ne les voit pas en
consultation.
Par
contre, un second type est constitué par celles qui passent du stade boulimie
insouciante de l'enfance et de la pré-adolescence à l'anorexie-boulimie ou
fausse boulimie dès la prise de conscience de l'image du corps.
Pour
celles-ci, quoique la nourriture prise avec excès garde ses nombreuses
vertus psychothérapeutiques (substitut d'amour, d'affection, de
contentement de soi ou autres... ) ou, au contraire, devient instrument
de vengeance et de punition, parce que ces personnes sont sensibles au
regard d'autrui et à ce que les autres pensent d'elles alors qu'elles
éprouvent de plus en plus un profond malaise à se gaver, elles essaieront
de contrôler leur prise de nourriture, le plus souvent en se faisant vomir,
prenant des laxatifs, moyens rapides et efficaces pour garder un ventre plat, ou en s'essayant à des régimes sans
succès. Ce sont ces jeunes personnes que nous voyons en consultation et qui
viennent rejoindre les rangs de celles qui souffrent de ces troubles du comportement
alimentaire que je regroupe dans la catégorie état mixte.
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Dans
un second chapitre sur la boulimie, après un bref historique et une
présentation de cas-types, sont analysées causes et conséquences, selon les
tranches d'âge, de l'envie irrépressible de manger au-delà de la sensation de
faim ainsi que des fonctions remplies par ce conditionnement à manger sans
contrôle. Certaines caractéristiques de personnalité propre
à la personne boulimique ainsi que deux catégories de boulimie sont identifiées.

Copyright © {2003} {Dominique Brunet, PH.D.}. Tous droits réservés.
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dom.brunet@wanadoo.fr
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